L'engagement politique
20/08/2010 - Éditorial
Le Sénateur des Hautes-Alpes, Pierre Bernard-Reymond, nous livre sa vision de l'engagement politique. Découvrez son billet.

Le monde est à la veille d’une mutation de grande ampleur qui s’exprime à travers deux grandes crises :
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Une crise du système climatique marqué globalement par le réchauffement de l’atmosphère et la raréfaction de la biodiversité.
Dans le dialogue éternel entre l’homme et la nature, l’humanité s’est globalement comportée en conquérante, surtout depuis la révolution industrielle en Occident, comme si les biens naturels étaient gratuits et inépuisables.
S’il était compréhensible et légitime que “l’homme de Cro-Magnon“ adopte cette attitude pour asseoir et développer le genre humain, nous nous rendons compte aujourd’hui que nous sommes allés trop loin et qu’il est de notre propre intérêt d’adopter une autre attitude et ne faire que ce qui est supportable par la Nature.
Pour autant, un excès ne soit pas provoquer l’excès inverse et faire oublier que l’homme est créateur de civilisation, facteur de progrès et qu’il ne doit pas abandonner sa fonction prométhéenne .
C’est cet équilibre dynamique entre l’HOMME et la NATURE qui doit fonder le DEVELOPPEMENT DURABLE.
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Le monde est aussi confronté à une crise du système économique déclenchée par l’éclatement de la « bulle financière » qui avait prospéré comme un chancre sur le tronc de l’économie réelle et qui s’étend à toute la planète.
Partie d’un dysfonctionnement du marché du secteur immobilier aux Etats-Unis, elle s’est étendue à tout le monde bancaire et financier et elle s’est répandue dans une grande partie du monde marchand ; elle a atteint, à travers une crise de confiance, la sphère de l’économie réelle y provoquant une crise économique qui va devenir une crise sociale et peut être dans certains pays une crise politique voire une crise de société.
L’issue de ces deux crises déterminera en grande partie l’état du monde dans la première partie du XXIème siècle.
Deux erreurs devront être évitées :
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Considérer que le système qui prévalait est, sommes toutes, le moins mauvais, qu’il suffit d’attendre des jours meilleurs et d’apporter quelques rectifications pour que le monde reprenne le chemin de la croissance.
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Considérer que cette crise signe la fin de l’économie de marché, la faillite du capitalisme, et qu’il faut repartir de zéro pour bâtir un autre système totalement différent mais qui reste à inventer… !
Entre l’ultra-réalisme cynique et l’utopie nihiliste les hommes de raison et d’espoir doivent trouver les voies d’une réforme authentique ; alors la crise actuelle, malgré les souffrances qu’elle entraîne, pourra être regardée demain comme une opportunité qui aura permis d’engendrer un nouvel état du monde, meilleur que celui que nous avons connu jusqu'ici.
Pour cela, il faut moraliser, rééquilibrer, tempérer, réguler, humaniser la mondialisation.
Les Etats seront-ils capables de faire les bons choix de s’entendre pour les mettre en œuvre et disposeront ils de suffisamment de force et de constance pour les inscrire dans la réalité ?
Les Etats et leurs Chefs ne peuvent rien sans une prise de conscience et une participation citoyenne qui aille au-delà des revendications traditionnelles.
L’exigence se situe donc aussi au niveau de chaque individu ; l’engagement citoyen n’a jamais été aussi nécessaire.
Tels sont les enjeux et les défis qui attendent chac une et chacun d’entre nous et auxquels nous avons le devoir de répondre.
La situation insatisfaisante de la société mondiale aujourd’hui tient à l’abandon des VALEURS comme système de référence au bénéfice de mécaniques fondées sur la maximisation de l’efficacité, du profit, de la possession, de la médiatisation, de la tactique et du court terme.
Certes des mécanismes, tel que le marché, demeurent indispensables pour organiser et réguler les échanges à travers la planète, mais un monde livré aux seules forces du marché ne saurait répondre à toutes les aspirations fondamentales de l’homme, il convient donc, guidé par un certain nombre de valeurs, de contrôler et de réguler les échanges entre les hommes.
C’est le rôle de la politique que de trouver le juste équilibre entre la liberté du marché qui lui confère son dynamisme et la loi qui lui interdit ses débordements naturels et l’orientent vers le service de l’homme et de la justice sociale
Mais les valeurs qui doivent inspirer la loi et le comportement des hommes ne peuvent se réduire aux valeurs anciennes de la société occidentale, elles doivent être modernisées, complétées et confrontées dans un dialogue constructif aux valeurs d’autres sociétés, d’autres cultures, d’autres civilisations.
Il s’agit d’un long processus auquel doivent prendre part les philosophes, les moralistes, les religions, les sociétés de pensées, les hommes politiques et duquel aucun citoyen ne doit se sentir exclu.
Le respect de la dignité de l’homme, la justice sociale, la réduction des inégalités, la suppression de revenus exorbitants, la démocratie, la liberté, le dialogue des cultures, le développement durable, la recherche incessante de la PAIX, la lutte contre la corruption, contre le commerce des armes, contre le terrorisme et contre tous les extrémismes constituent à nos yeux les règles fondamentales de la société politique.
Pour que ces valeurs s’appliquent dans les relations internationales, au niveau des états et des collectivités de toute nature, il faut d’abord qu’elles soient acceptées et vécues par chaque homme et chaque femme, et en priorité par les hommes et les femmes politiques.
Ceci implique qu’ils soient eux-mêmes exemplaires, entre eux et dans leur rapport avec la société. Ils doivent en particulier concevoir le pouvoir comme un moyen et non comme une fin.
Pour eux, la politique est le moyen de servir le bien commun et c’est dans cette perspective qu’ils sollicitent des responsabilités et aspirent à exercer des mandats.
Elus, ils ne gèrent pas pour pouvoir continuer à faire de la politique avec le seul souci obsessionnel d’être réélu coûte que coûte mais au contraire, ils font de la politique pour pouvoir gérer au mieux les responsabilités qui leurs ont été confiées par leurs concitoyennes et concitoyens.
L’honnêteté, la loyauté, le respect de la parole donnée, l’écoute, la concertation, le courage doivent guider leur action.
Ces conditions sont nécessaires pour bâtir un monde plus juste, plus viable, plus sur et plus humain.
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